26 juin 2009
Un petit bout d'histoire

Ce passage est extrait d’un article paru dans le numéro 1147/48 du JEUNE AFRIQUE le 29 Décembre 1982 :
Tout sur Sabra et Chatila
je n'ai trouvé que la dernière page, je cherche le reste,
…..
- Jeudi à 15 heures, Drori appel Sharon pour lui annoncer que tout est prêt pour l’opération.
- Jeudi à 17 heures, quinze à vingt cinq jeeps fournies par les israéliens et transportant quelques 150 miliciens pénètrent dans les camps palestiniens avec la bénédiction des barrages israéliens, un homme commande ce premier convoi : Elias Hobeika.
- Jeudi à 19h30, une réunion spéciale du cabinet israélien approuve l’entrée des milices chrétiennes dans les camps. La discussion dure exactement cinq minutes.
- Jeudi à minuit, la radio militaire israélienne annonce que « l’armée a décidé que les tâches de nettoyage de Sabra et de Chatila seront confiées aux Phalanges »

L’armé israélienne couvre les phalanges et leur fournit un soutien logistique
Mercredi à midi, Tsahal avait hermétiquement bouclé tous les camps pour ne laisser passer que les assassins, le lendemain. Le soir de ce même jour les occupants coupent l’électricité. L’artillerie et l’aviation lancent des fusées éclairantes à grande cadence pour permettre aux miliciens d’exécuter leur basse besogne. Auparavant les israéliens ont tiré des obus pour intimider la population.
Vendredi, quelques centaines de malheureux, qui essaient de fuir, sont repoussés par les barrages israéliens, alors que de nouveaux miliciens pénètrent dans les camps. Lorsque les Phalangistes terminent leur « travail », samedi matin, l’armé israélien leur sert un bon repas avant qu’ils ne retournent chez eux fiers de leurs « exploits ».
La boucherie aura duré du jeudi 16 septembre à 17 heures au samedi 19 à 10 heures. Amnon Kapéliouk établit ainsi le bilan de ses quarante heures de folie : environ 2000 cadavres retrouvés, auxquels il convient d’ajouter quelques centaines de corps ensevelis dans des fosses communes ou sous les décombres des maisons détruites. Au bas mot 3000 palestiniens et libanais, sur les 20000 que comptent les deux camps, soit 15%, ont été assassinés. Il faut compter encore quelques centaines de disparus emmenés vers le sud dont beaucoup ont dû être massacrés en cours de route.
Les israéliens savaient parfaitement ce qui se passait dans les camps
Ils ont observé quarante heures durant le carnage du septième étage d’un immeuble de l’armé libanaise. Jeudi à 23 heures, le chef des Phalanges transmet au général Amos Yaron ce message : « Jusqu’a ‘a présent 300 civils et terroristes ont été tués. » Rapport aussitôt transmit à Tel-Aviv.
Les soldats israéliens rapportent avoir vu d’on ne peut plus la tuerie. Tous reçoivent un ordre formel : ne pas intervenir.
Plus grave l’état major du Tsahal était directement informé. Le correspondant militaire du journal Haaretz Zeev Schiff, a prévenu le ministre des communications Zippori, dès vendredi matin que des massacres se déroulent dans les camps. Ce dernier a prévenu à son tour, le même jour, le ministre des affaires étrangères, Yitzhak Shamir, sans résultat.
Devant le Knesset, Sharon affirmera qu’il a fait arrêter les massacres dès le vendredi. Il a menti : le même jour, les phalanges renforceront leurs troupes. Alerté par le général Amos Yaron, commandant du front nord le général Drori demande vendredi à 11 heures, des explications à l’officier de liaison phalangiste qui lui répond : « Certains de nos commandant ont perdu le contrôle de leurs hommes. » Drori donne des instructions pour que les tirs cessent mais… sans prendre de mesures pour les faire cesser.
Alerté à son tour par Drori le général Eytan atterrit à Beyrouth dans l’après midi. Il réunit des officiers phalangistes. Après avoir écouté leurs rapports, Eytan leur a accordé un délai supplémentaire : samedi 18 septembre.
Et Begin ? Eytan a déclaré devant la commission d’enquête que le premier ministre israélien l’avait appelé samedi matin à 9 heures pour lui faire part des plaintes américaines sur ce qui se passait dans les camps. Begin prétendra l’avoir « oublié » et n’avoir appris les massacres que par… un bulletin de la BBC le samedi à 17 heures ! La commission d’enquête du juge Yitzhak Kahane ne croit pas à son innocence et l’en a prévenu.
L’état major israélien contrôlait bien la situation qu’il a pu arrêter les massacres le samedi à 10 heures tapantes. Sans tirer un coup de feu, sans envoyer un seul soldat israélien dans les camps.
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Saint-louis de Carthage
« Louange à Dieu l'Unique, auquel retournent toutes choses !
Nous cédons à perpétuité à Sa Majesté le roi de france un emplacement dans la Mamlaka, suffisant pour élever un monument religieux en l'honneur du roi Louis IX à l'endroit où il est mort. Nous nous engageons à respecter et à faire respecter ce monument consacré par le roi de France à la mémoire d'un de ses plus illustres aïeux. Salut de la part du serviteur de Dieu, Hussein-Pacha-Bey. Que le Très-Haut lui soit favorable ! Amen.
Le 17 de safar de l'année 1246. Fait au Bardo le 8 août 1830. Au consul général Mathieu de Lesseps »
C'est sur la colline de carthage, qui porte le nom grec de Byrsa ou "peau de boeuf", que le roi Louis-philippe Ier ordonne l'édification de la chapelle Saint-louis, en l’honneur du roi qui mourut de la peste en 1270, durant la 8ème croisade. Aux côtés de cette chapelle le cardinal Lavigerie fait construit en 1893 une cathédrale, actuellement reconvertie en un lieu de culture.
cette inscription, gravée sur une facade: "SCHOLA MVSIV CARTHAGIENSIS INDEO PAX ET CONCORDIA SIT CONVIVIO NOSTRO", j'ignore ce que c'est

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Petit hommage au roi de la pop
Il n'y a pas de fin, il n'y a pas de début, juste un amour infini de la vie et l'amour c'est la seule chose qu'on emporte avec soi.
L'amour de tous ses fans.
Reposes en paix Michael JACKSON.
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24 juin 2009
Pour une étoile dans un cordon cuire
publiée par Makhila, Ghariba Djerba
Un bel après midi ensoleillé de juillet, il y'a plus de deux ans, j’étais en train de déjeuner avec un charmant dentiste français, on résidait au même hôtel à Hammamet, on parlait de généralités, des dentitions, des faux bijoux, et puis j’ai regardé spontanément son cou, il portait un collier en cuire dont le pendentif est caché sous le T-shirt, j’avais envie de savoir ce que c’était, mais je n’ai pas osé lui demander.
Après le déjeuner, j’ai gagné ma chambre pour une sieste et il est parti prendre un bain de soleil, le soir on s’est croisé dans une allés pavée de galets, il revenait de la plage, torse nu, j’ai regardé de nouveau son cou, une petite étoile dorée accroché au cordon cuire, une étoile de David. J’ai fait semblant de ne pas la voir, c’est discourtois de viser les détails, ça pourrait l’offenser.
Il m’a regardé, j’ai souri pour m’excuser, j’étais odieusement curieuse, mais ce fut un peu tard, il était déjà outré. J’ai avancé pour partir, il s’est retourné, m’a pris le bras, et m’a dit : Qu’est ce qui ne va pas mademoiselle?- j’ai dit : non tout va à merveille !! A ma grande surprise il me sorte : je le savais, vous êtes anti-sémiques vous autres aussi!! , je m’attendais à un commentaire sur l’indiscrétion dont j’ai fait témoin, jamais à ce genre d’accusations, surtout que je n’ai aucune circonspection contre les juifs, ou quiconque, d’ailleurs à part les criminel de l'humanité sionistes ou autres. Je n’ai pas à me défendre, je me suis contentée de dire : mais monsieur vous vous trompez, on ne peut pas l’être, simplement on est un peuple sémique nous aussi !!!
Ce malentendu m’a ébahit, parce que la Tunisie est une exception, un pays arabe, relativement étroit, abrite en son sein, juifs et musulmans qui s’entendent à merveille, une minorité juive certes, ce qui reste après l'exode et le guerre des six jours, mais extrêmement fusionnée dans la société, « c’est même à Djerba qu’on peut faire l’une des rencontres les plus étonnantes que le monde actuel puisse proposer, des juifs et des musulmans qui ne se haïssent pas, une communauté juive vit en effet dans l’ile depuis vingt six siècles, vingt six siècle de la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor. »
Comme même depuis peu quelque chose parait avoir changé, Djerba compte de moins en moins d’habitants mais c’est de loin à cause de la présence des juifs, les rapports que les juifs entretiennent avec la population musulmane sont amicales, Israël n’intéresse pas les juifs djerbiens, « ce caractère tunisien qui met d’ailleurs une si grande opiniâtreté a affirmé qu’il ne ressemble en rien à celui par exemple des pays frères tel que l’Algérie ou l’Egypte. »
Ce discourt du président Bourguiba lors d’une interview, il y’a plus de vingt ans, avec le journaliste français qui a écrit les passages que j’ai emprunté, confirme ces propos : « Les peuples arabes du moyen orient que j’ai connu depuis longtemps, une vingtaine d’année, c’est autre chose, une autre mentalité, ils vivent un peu dans le sentiment, dans la passion, parfois dans l’irréel, le complexe et malheureusement il n’y a pas de leader assez courageux assez honnête, pour aller à contre courant et essayer de montrer ce que j’ai fait en Tunisie, essayer de freiner un peu cette tendance à la pensée irréelle, pour amener les jeunes, les cadres, à une conception plus saine de la réalité et à un sens de l’efficacité sans lequel les mots n’ont aucune espèce de valeur, ça viendra peut être… »
Les tunisiens sont ouvert et convivial, les autres ne changent pas, ça viendra peut être…
La photo : Le vieil homme est un tunisien, on le connait à première vue grâce sa chéchia sanguine, juif ou musulman, on doit se crever les yeux pour voir si le livre est en arabe ou en hébreux. La faïence, celle d’un mousquet ou d'une synagogue, c’est moi qui le dit, c'est la Ghariba. Les images en parlent mieux de la Tunisie.
19:42 Publié dans A travers l'oeil magique | Commentaires (0)
23 juin 2009
Divanphile ou fille seule!

insomniac, Daniel GIRAUD.
Parfois, comme ce soir, je lutte pour dormir.
L’insomnie me torture, et la cause c’est le lit ! Bizzard non !
Mon petit lit pourtant douillé, mais vide.
Et bien je n’aime pas les lits, pour dormir je préfère les divans, c’est chouette.
Un lit c’est toujours aplati et vaste, un divan est plus étroit certes, mais c’est accueillant, avec ses reliefs, je me sens enveloppée, j’enfouis mon visage dans le dossier, peu confortable toutefois adorable ! Ça me rappelle d’ailleurs les gens qui aiment les chats, ils se frottent les mains et les joues contre les boules chaudes de fourrure vivante sans craindre les griffes.
Je n’aime pas trop les chats, je préfère les chiens, encore plus les divans.
Chatophile ou « divanphile » on cherche tous un refuge, on manque de tendresse et ça craint, quand on a son lit vide mais pas son cœur, on a du mal à dormir.
Ah je veux un divan là tout de suite !!! Quoique, j’aurai besoin du divan des mensonges du docteur Ernest Lash.
04:04 Publié dans Ab imo pectore | Commentaires (0)
18 juin 2009
La chasse aux rêves

J’ai perdu mon enfance ! – c’est normal, j’ai vingt quatres ans.
Oui mais mon enfance c’est fini, je m’ennui dans ce monde adulte, je suis tel une pêche verte, ni fleur ni fruit mûr, âpre dure immangeable, coincée entre deux mondes différents, et je m’ennui.
Je m’ennui parce que j’ai perdu mon insouciance, parce que le monde des adultes manque d’imagination et d’innocence, un monde sec, vide, incolore et froid malgré tout ce qu’ils ont pu endurer pour l’embellir.
Les enfants, eux, ne fournissent aucun effort pour ceci et ils sont dans les nuages, même les plus laids et les plus infortunés profitent de leurs vies.
Dans ce mode magique tous ce qui peut exister de différences s’effond.
Quand j’étais enfant je m’endors rapidement, je m’endors pour voyager dans une bulle de savon qui atterrisse dans le pays des merveilles, où tout est envisageable, là bas le lièvre de Mars me servait de guide, je reconnaissais Alice et ses clés, les chaussures de Cendrillon, les longues mèches d’or de Rapunzel, la queue argentée de la petite sirène et le sourire de cerise de Blanche neige. Mille et une nuits s’ouvrent devant mes yeux curieux avides de beauté et de magie.
Que Dieu bénisse les grands messieurs, Disney, Carroll, Perrault, Dumas, les Grimm's et compagnie !!
A mon âge relativement jeune, je ne peux plus dormir comme avant, c’est normal quand je pense à toutes les terreurs de l’humanité avant de sombrer dans les cauchemars de la nuit, les portes du pays des merveilles se ferment, elles sont gardées par des ogres, des trolls, des dragons, des sorcières et toutes les maudites créatures expulsées comme moi du paradis enfantin.
Et je me réveille le matin avec la tête alourdie de sommeil et de vertige.
Parfois j’ai tellement mal que je crains dormir ou me réveiller, parce que dormir c’est chercher un rêve perdu.
Et se réveiller c’est affronter la réalité qu’on n’a pas trouvé son rêve perdu, se réveiller c’est recommencer à penser comme adulte, à affronter la réalité, à songer à l’avenir, à la vie, aux taches à accomplir, et on réalise qu’on n’est plus fait pour rêver comme les enfants.
Alors je préfère rester coincée dans le sommeil jusqu’à trouver le rêve, ou me tenir vigilente et éveillée pour réaliser mes rêves d’adulte.
Lequel est plus réalisable, je n’en sais rien !!
19:59 Publié dans Ab imo pectore | Commentaires (0)
Lettre à l'homme qui est parti
04 AOUT 2008
Mon cher,
Que c'est triste Tunis quand tu n'y es plus!
Je ne vois pas l'intérêt de continuer à me réveiller à brosser les dents à manger, peut être je le fais instinctivement... mais ça devient pénible.. pourquoi je regarde le miroir?... quelle importance d'être belle si je ne le vois plus dans tes yeux...je suis coincée dans le passé j'arrive pas à admettre que le temps passe ce n'est plus la semaine dernière...mais tu hantes mes pensées, chaque cellule en moi te réclame, je vis pour t'aimer..
Je revis nos rencontres, nos baisers, nos joies, nos disputes...ce qui me console c'est que tu éprouves la même chose.
Mon amour...une joie partagée est une double joie un chagrin partagé est un demi chagrin...
On partage la peine...intéressante cette peine pendant qu'on souffre on ne s'ennuiera pas...je me souviens de la derniére soirée... on dansait, tu me serrais, tu donnais l'impression d'avoir possédé le monde, j'avais le cœur en miettes!!
Je me souviens que tu n'aimes pas que je traine derrière toi je t'avais pas dit que j'adore mettre les pieds là ou tu met les tiens j’adore suivre tes pas, aujourd'hui mon amour je suis perdue je n’ai plus de pas à suivre…
Je ne me lasse jamais de te regarder marcher, manger, rire, boire, conduire, danser, je mobilise mes sens au maximum, je t‘observe intensément, j’écoute le moindre de tes bruits, je m’enivre de ton odeur.
J’adore voir ta confusion quand je me plonge dans le silence.. tu étais prêt à tout pour le briser, quand parfois tu ne trouves pas les mots qu’il faut toi le roi de l'éloquence…
Si tu savais combien je t’aime, ceci frôle la vénération! Si tu savais que tu représentes tout ce que «homme » peut présenter, mon amour mon père mon frère mon enfant mon ami mon confident.. je n’ai plus besoin d’avoir un autre homme dans ma vie…
Si tu savais que j’étais prête à tuer pour que tu restes. si tu savais que j'ai toujours été jalouse à en mourir et que ça m’obsède et que je fais un effort de géant pour ne pas te le montrer et que je le sens à chaque fois qu'un être humain te touches, ça me fait honte parfois..
Si tu savais mon amour que la vie n’a aucun sens loin de l’espace de tes bras.. qu’il fait froid et noir ici..
Il faut que je m’arrête ici, je ne vois plus l’écran, mes larmes le brouillent...
P.S: J’irai manger au restaurant de la derniére fois, au moins manger aura un sens…pèlerinage.
18:15 Publié dans Ab imo pectore | Commentaires (0)
17 juin 2009
Air latino
20:23 Publié dans Au rythme de mon coeur | Commentaires (0)
AL FATIHA
AU NOM DE DIEU CLEMENT ET MISERICORDIEUX
Louange à Dieu, le maître de l’univers, le clément, le miséricordieux
Souverain au jour de la rétribution
C’est Toi que nous adorons, c’est Toi dont nous implorons le secours
Dirige nous dans sentier droit dans le sentier de ceux que Tu as comblé de Tes bienfaits
Non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni de ceux qui s’égarent
Je trouve cette sourate universelle, monothéiste simplement. L'ouverture du Coran, une ouverture pour toute oeuvre, toute oeuvre a une ouverture, ingéniosité!
18:29 Publié dans A travers l'oeil magique | Commentaires (0)
La peur aux trousses

Ce soir j’ai peur, j’écoute le fameux Yumejis’s theme, seule chez moi, il fait froid, c’est janvier.
J’ai peur, j’ignore pourquoi j’ai peur, mais je pense à la peur elle-même, Dieu quelle force !
Bouleversante , envahissante, ravageant… la peur dans son plus haut étage, pas celle que je sens ce soir, celle que seulement quelques moments de la vie peuvent en être marqués, une peur qui se sente dans l’air comme une odeur familière de sang pourri, des endroits humides, sombres et moisis, elle remonte brusquement des profondeurs de l’âme sans que la personne qui l’éprouve réalise qu’elle pue la peur, sans que le visage de cette personne reflète ce qu’elle endure.
Une odeur infecte, fétide qui remplit l’atmosphère, discrète presque inaperçue, mais d’une puissance affreuse. Rares sont les gens qui la captent mais une fois perçue, on ne peut pas l’ignorer.
C’est comme se trouver dans une foule, des personnes différentes mais ordinaires, des visages inconnus, atones, presque inexpressifs, on a l’impression subitement que quelqu’un est engourdi par la peur, souvent on ne peut pas l’identifier mais il est là, on ne se trompe pas, il pette la peur, il y’a cette odeur acerbe qui se faufile entre les corps pour atteindre nos sens, on ne cherche plus sa source, on est submergé par les mêmes sensations, un frisson parcoure le corps, une goutte de sueur froide coule au long du dos comme un serpent, des fourmis aux bouts des doigts, le coeur alourdi de sang s’écrase contre l’estomac, on veut pleurer ou courir, sa langue se noue, ses yeux se fixent sur un point de l’espace évitant de coincer les regards des autres, on se tient à peine debout perdant sa force et sa raison, toutefois, son visage reste calme.
Ceci ne dure que quelques secondes, on est immobile face à un instant si fragile, puis on reprend son souffle, on se demande où est ce qu’on était, on se rappelle sa peur, mais rarement de ce qui l’a provoqué.
Et l’odeur, quel odeur ?? On rigole, on se traite de paranoïaque, et on oublie.
Pourtant, on l’a senti, est-ce une sorte d’amnésie sélective ? Le cerveau supprime le message pour réduire la souffrance. Mais l’odeur et son origine, l’inconnu et sa peur bleue, on n’y pense plus, une fois débarrassé de ses émotions futiles on continu sa route, et derrière, la peur hante une personne dépourvue d’amnésie.
Je n’imagine pas ces choses, cela m’est arrivé à moi, c’était un après midi d’automne, j’ai arpenté par erreur une ruelle de la Médina de Tunis, une ruelle étroite qui serpente, on ne voit pas son débouché, j’ai poursuivi mon chemin sans me sentir égarée, ce n’est pas la première fois que j’engage une rue dont l’issue m’est inconnue, à la Médina on est toujours perdu, c’est ce qui fait sont charme, on fini toujours par se trouver sur un chemin familier, alors j’ai marché à pas tranquille, absorbée dans mes pensées, la rue déserte ombrée, j’admirais les fenêtres en fer forgé des étages, les portes fermées, sauf une, je l’ai remarqué au moment de baisser les yeux, elle était devant cette porte entrouverte, une femme menue, accroupie, reposant son visage sur une main, visage pâle mais serein, sa vue m’a un peu surpris, je commençais déjà à apprécier la rue dépeuplée, j’ai continué à marcher arrivant à son niveau, une brise d’air confiné et froid m’a frôlé la joue, mon cœur a sursauté comme un oiseau qui s’envole, du coin de l’œil j’ai rencontré ses yeux vides, rien en elle ne le montre, mais pour moi elle était la peur incarnée, et cette odeur sordide, convoque un souvenir d’enfance, un puits abandonné, une petite fille qui se penche, une masse d’air frais chargée d’une odeur inconnue et très répugnante souléve ses cheveux frisés, la vue d’un chien gonflé qui flotte à la surface d’une eau noire, c’était le jour où j’ai accordé à la mort une odeur, celle des cadavres en décomposition.
Cette femme aux yeux vides, m’a regardé et j’ai su qu’elle a su que je savais qu’elle avait peur. J’ai accéléré le pas, mais sa peur m’a suivit, elle s’est approché de ma nuque, et m’a léché la peau, et j’ai vécu ce moment bref et tranchant, mon cerveau ne m’a pas épargné ce supplice.
Je n’oserai jamais repasser par cette rue, mais la peur n’habite pas là bas elle me coincera un jour dans l’endroit où je m’attendrai le moins, et elle me montrera ce dont elle est capable de faire.
Saurai-je la regarder plein dans les yeux ??
Oh Dame peur !! Vous ouvrez l’enfer devant nos yeux !
15:30 Publié dans Ab imo pectore | Commentaires (0)












































































































