22 décembre 2009

Millenium

Je succombe à la saga suédoise du défunt Stieg Larsson, Millenium, pourtant d'habitude je fuis les oeuvres étalées dans les médias, la polémie me dégôute, sauf que cette fois je suis attirée, la couverture, "Emily the strange" ou "Mercredi Adams" au regard hostile et têtu, au collier vaudou aux têtes de poupées Barbie, le titre du premier tome, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, je n'ai pas pu m'empêcher de faire leur connaissance, ma curiosité dépasse mon dégôut.

Je me prépare aussi pour l'hibernation, je procéde à la dévorade des livres qui me tombent sous les mains, je me bourre de mots, d'expressions, d'idées, d'autres personnes, pourvu que je serai une autre l'année prochaine.

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20 décembre 2009

L'attentat

Je viens d'achever un Amélie Nothomb, L'attentat, et je me trouve perplexe, je me pose des questions du genre que je n'aime pas!!

De quelle catégorie de personne suis je? suis je belle de l'intérieur? suis je belle de l'extérieur? puis je me contenter d'être belle d'un seul côté? si oui, lequel me sera plus cher? entre un Laid à l'âme pure et un beau dieu superficiel le quel sera l'élu de mon coeur? suis je dans les normes? dois je être dans les normes? quel sont ces normes? qui met les normes?

Un livre gênant, étrange, Nothomb présente un romantisme "gotique" comme servir un kir au sang, couleur pourpre, le goût dépendra de celui qui en boit, je n'ai pas détesté son style, aussi extravagant que ses chapeaux noirs, j'ai admiré la maniére avec laquelle un écrivain de sexe féminin décrit les émotions et les fantasmes sexuels d'un personnage mâle et fictif, je doutais au début qu'Epiphane ne soit une femme, ensuite sa façon de considérer sa laideur m'en a dissuadé, ça ne peut être qu'un homme!

Voici quelques extraits, un plaisir qui se répéte tout au long de ses 152 pages;

"Ces instants de grâce furent foudroyants. Mis
bout à bout, cela ne faisait jamais que quelques
secondes, mais à mes yeux le navet entier s'en
trouvait justifié. Cent soixante-cinq minutes
creuses et moches pour dix secondes de splendeur,
cela correspondait aux proportions de
l'existence humaine : soixante-dix années de vie
pour une semaine d'extase."


"Quand on dit « Sibérie »,
personne n'a envie de sourire : c'est un mot qui
charrie la prison et la mort. Les gens normaux
n'ont pas envie d'explorer la Sibérie : il faut être
fou pour vouloir aller voir où coule le fleuve
Amour.
Et puis, n'est-il pas significatif que l'Amour
soit un fleuve, et non une montagne, un marécage,
une plaine ou un plateau ? Le fleuve n'estil
pas, par excellence, ce qui coule, ce qui
ne cesse de fluctuer ? L'amour n'est-il pas le
sentiment Je plus héraclitéen qui soit ? On
ne se baigne jamais deux fois dans le même
amour.
Le fleuve, c'est ce qui relie la terre à la mer, le

stable à l'instable, le connu à l'inconnu."

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23 octobre 2009

Le jardin parfumé

Cheik Nefzaoui a été condamné à mort par le bey hafside de Tunis, Abû Farîs Almutawakkil,  en échange de sa vie il lui ordonne  d’écrire un manuel érotique capable d’éveiller les sens du souverain las de ses nombreuses femmes.

Le cheikh s’établit et élabora un ouvrage « Arrawdh al âtir fî nozhatil khâtir », « le jardin parfumé où l'esprit se balade » (je le traduis ainsi !), écrit dans un esprit semblable aux « Milles et une nuit », mais se consacrant exclusivement à la pratique sexuelle et d’une manière plus précise étayée et sérieuse, amplement plus riche que le Kâma-Sûtra, une panoplie de postures amoureuses et de théories, du vocabulaire  érotique (accorde au pénis 40 noms!!), prévention des maladies et traitement, jusqu’à l’homosexualité, un traité complet sur l’éducation sexuelle.

Comme « Milles et une nuit », l’ouvrage est un grand classique de la littérature orientale, et il est préférable de le lire en arabe, pour apprécier les finesses et la subtilité de l’auteur, altérés par la traduction.

Le livre est loin d’être une œuvre pornographique, étalant des techniques de fornication pour améliorer la performance masculine, c’est un livre destiné aux femmes comme aux hommes pour une fin instructive, d’autent plus que l’islam autorise aux gens de poser tout types de questions et d’aborder tous les sujets sans honte « La hayaâ fi dine », cela dit, tout de même l’auteur a clairement mentionné son respect pour la condition féminine (contrairement aux ouvrages érotiques masculins), "les femmes valent mieux que les hommes. Elles leur sont supérieures en tout et surtout dans l’art de jouir et de réfléchir".

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On ne vient donc pas blâmer ce cheik et l'accuser d'avoir réduit le statut des femmes à un sourire vertical, quand ses lecteurs manquent de lucidité et de sagesse pour comprendre qu’à l’origine la sexualité est un partage équitable et simultané, et que l’auteur n’est pas un machos obsédé qui expose des balivernes. Il ne faut pas tout de même oublier que c’est un livre du XV siècle, dans une société musulmane masculine, on ne peut pas s’attendre à y voir des femmes prendre l’initiative ou jouir de postures dominantes (Andromaque!!), elles sont passives, receveuses et obéissantes, mais leurs jouissance est la clé du jardin du plaisir.

 

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08 août 2009

Cucaracha

 

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J'étais une lectrice fidéle de "Sciences et vie junior", puis j'ai acquis des connaissances scientifiques qui dépassent ce niveau junior, seulement je n'ai pas cessé d'avoir envie de jeter un coups d'œil sur les numéro que je trouve quand j'achéte le "Jeune afrique", "Sciences et vie" ou encore "Paris match", les illustrations, les sujets amusants et instructifs, mais surtout, je m'accroche à la premiére page, "Cucaracha" le monde de la blatte savante, une bande dessinée trés marrante, fruit de collaboration entre Marino DEGANO scénariste et Laurent SALLES dessinateur, j'espère qu'ils en fassent des albums, quoique je consulte parfois le site, qui est d'ailleurs pas mal conçu, je lis quelques épisodes en ligne, mais je préfére aller chercher le magazine comme je le faisais au collége, j'adore toucher le papier. Voici le lien http://www.cucaracha.fr 

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28 juillet 2009

Lettre de Napoléon à Joséphine

J'admire les lettres de l'Empereur, je ne m'ennuie pas de les lire et relire, celle là me touche spécialement, j'en deduis qu'un homme amoureux est un homme foutu!
 

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        Depuis un mois, je n'ai reçu de ma bonne amie que deux billets de trois lignes chacun. A-t-elle des affaires ? Celle d'écrire à son bon ami n'est donc pas un besoin pour elle ? Dès lors celle d'y penser... Vivre sans penser à Joséphine, ce serait pour ton ami être mort et ne pas exister. Ton image embellit ma pensée et égaye le tableau sinistre et noir de la mélancolie et de la douleur...
Un jour peut-être viendra où je te verrai ; car je ne doute pas que tu ne sois encore à Paris. Eh ! bien, ce jour-là, je te montrerai mes poches pleines de lettres que je ne t'ai pas envoyé parce qu'elle étaient trop bêtes - bien, c'est le mot. Bon Dieu ! Dis-moi, toi qui sais si bien faire aimer les autres sans aimer, saurais-tu comment on guérit de l'amour ??? Je paierai ce remède bien chère. Tu devais partir le 5 prairial ; bête que j'étais, je t'attendais le 13. Comme si une jolie femme pouvait abandonner ses habitudes, ses amis, sa madame Tallien, et un dîner chez Baras, et une représentation d'une pièce nouvelle, et Fortuné, oui, Fortuné !
Tu aime tout plus que ton mari ; tu n'as pour lui qu'un peu d'estime, et une portion de cette bienveillance dont le cœur abonde. Tous les jours récapitulant tes tord, tes fautes, je me bat le flancs pour ne te plus aimer, bah ! voilà-t-il pas que je t'aime davantage. Enfin, mon incomparable petite mère, je vais te dire mon secret : moque-toi de moi, reste à Paris, aie des amants, que tout le monde le sache, n'écris jamais, eh bien ! je t'en aimerai dix fois davantage.
Si ce n'est pas là folie, fièvre, délire ! Et je ne guérirai pas de cela (oh ! si pardieu, j'en guérirai) ; mais ne va pas me dire que tu es malade, n'entreprends pas de te justifier. Bon Dieu ! Tu es pardonnée ; je t'aime à la folie, et jamais mon pauvre cœur ne cessera de donner son amour. Si tu ne m'aimais pas, mon sort serait bien bizarre. Tu ne m'as pas écrit, tu étais malade, tu n'es pas venue. Le Directoire n'a pas voulu, après ta maladie, et puis ce petit enfant qui se remuait si fort qu'il te faisait mal ? mais tu as passé Lion, tu seras le 10, à Turin ; le 12, à Milan où tu m'attendras. Tu seras en Italie, et je serai encore loin de toi. Adieu ma bien-aimée, un baiser sur ta bouche ; un autre, sur ton cœur, et un autre sur ton petit absent.
Nous avons fait la paix avec Rome qui nous donne de l'argent. Nous serons demain à Livourne, et, le plus tôt que je pourrai, dans tes bras, à tes pieds, sur ton sein.

 

Roverbella, le 18 messidor

Napoléon Bonaparte


 

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26 juillet 2009

La prisonnière

mlka11.jpg" Nous n'avions pas de serviettes hygiéniques et nous utilisions des bouts de serviettes de toilette, taillés et retaillés jusqu'à l'usure. Il fallait laver ces chiffons, les passer à halima qui les mettait autour du feu et attendre, les jambes ecartées qu'ils aient séché pour pouvoir s'en servir à nouveau."

 Un passage de la prisonnière, de Malika OUFKIR et Michéle FITOUSSI, Malika la fille du général OUFKIR, séquestrée avec sa mére et ses fréres et sœurs, 19 ans dans les gêoles d'Hassan II, la prisonnière, histoire véridique d'injustice, de frustration, de combat fervent pour la vie. Malika m'a fait sourire, frissonner, pleurer. Un livre à lire, à vivre.

 

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