30 octobre 2009

Intimité

Je me rappelle une histoire stupide, que j’ai lu dans un magazine de psychosexologie en 97 ou 98 (j’étais encore au collége!), je me rappelle clairement des détails, pourtant je ne sais pas qu’est ce qui m’a attiré dans cette histoire à cette époque.

Voila, c’est une femme qui raconte au psychologue sa mésaventure avec son « journal intime » (je me suis dis « ban fais bien attention ne te fais jamais un ! »), la femme s'est mariée depuis quelques mois, avec son boss, de l’extérieur c’était un bon couple amoureux heureux, l’intérieur semble l’être aussi, sauf dans le journal intime de cette femme, elle vit la relation sous un aspect différent, et puis le mari a décroché un contrat dans un pays étranger et il devait partir seul pour préparer leur maison, puis elle pourra le rejoindre, lui, il était triste la séparation lui paraissait insupportable.


Ce matin, elle était partie faire des courses, le mari s’affaira dans la maison vide en pensant aux mois de solitude qui vont venir, il a cherché l’album photo de sa chère épouse dans un tiroir et il a tombé sur… son journal intime !

Il ignorait déjà qu’elle écrit, et il s’est demandé pourquoi a-t-elle besoin d’un journal intime, « il a cru que c’était lui son intime » lui écrira t-il plus tard, il s’est planté devant ce « truc », déchiré entre l’envie de découvrir la face cachée de sa femme, et le respect conjugal des « marges de vie personnelle ».


Il s’est dit que rien ne vaut cette chance pour mieux connaître sa conjointe, il a donc lu, et il a relu, incrédule, terrifié, ses passages ; elle est très amoureuse de lui, à savoir le temps qu’elle passe à l’observer sans qu’il s’en aperçoive, à l’admiration qu’elle a envers sa personne, l’attention qu’elle porte jusqu’à ses minimes gestes, qu’elle décrive avec zèle, aux choses qu’elle connaisse sur lui sans qu’il ne lui en parle, qu’elle le trouve l'homme le plus intelligent, le plus beau, le plus respectueux….


Mais il était terrifié pace que apart l’amour il y’avait une contradiction qu’il n’avait pas su expliquer, sa femme n’aime pas coucher avec lui, elle ne supporte pas qu’il la touche, elle n’éprouve aucun plaisir, elle se sent malheureuse, mais elle ment pour ne pas le blesser, elle fait toute une comédie de frissons, de gémissements, elle arrive jusqu’à l’aborder elle-même pour ne pas qu’il sache qu’en réalité elle a envie de fuir quand elle le voit nu!


L’homme resta perplexe, qu’est ce qu’elle raconte, comment… pourquoi… quand…quoi… et il a vacillé en lisant qu’elle est presque soulagée à l’idée de se séparer un peu de lui, elle voulait réfléchir à tout ça.


Il a remis le journal à sa place et il a rencontré sa femme avec un air neutre et distrait, puis ils ont fait l’amour comme d’habitude, elle avait la flamme, elle le désirait, qu’est ce qu’il doit croire son corps ou son journal !


Le matin il prit ses valises et partit ! Sans commentaire !


Les jours passèrent, madame n’a reçu aucun appel de son chéri, attristée elle a pris son journal pour y gribouiller, dans ses pages découvra une lettre, une écriture familière, son mari, il a donc lu, son cœur sursauta, ses mains tremblèrent, il a lu !!


Il lui a écrit comment il a trouvé son « truc », puis le passage que je n’ai pas oublié «pourtant je savais que je te dégoute, que je suscite ta répugnance, cette nuit je ne pouvais te faire l’amour que d’une seule manière, celle qui me fait sentir que je possède le monde en te touchant, et puisque tu as détruit mon monde je ne te toucherai plus, je ne te verrai plus jamais ».
La femme s’est affolée, s’est affalée par terre, a hurlé hystériquement, les voisins ont dû forcer la porte, elle s’est réveillée le lendemain à l’hôpital, et depuis elle cherche son mari partout, elle a voyagé, contacté les autorités, il a disparu simplement.


Dans le magazine elle raconte que ce qu’elle a écrit, l’a réellement vécu, parce qu’elle a souffert de troubles hormonaux qui lui ont causé une sorte de frigidité, qu’elle a subi des traitements en cachette et qu’elle a commencé enfin à se sentir mieux, qu’elle avait peur de le perdre s’il apprenne la vérité, qu’elle n’avait pas le cran pour avouer, qu’elle se sentait inférieure, et qu’elle ne voulait que le bonheur de cet homme qu’elle aime.


C’était déjà tard pour se confesser, mais il y’a une leçon à tirer de cette malheureuse histoire, (comme dans les films américains), d’abord en couple il faut tout dire, le pire avant le meilleur (je ne le fais pas moi!!!), ensuite il ne faut jamais se confier à un tas de papiers ( je le fais moi !!!), enfin le sexe c’est le maillon le plus fragile de la solide chaîne du mariage, le lit c’est la vie !!!


29 octobre 2009

Alicia Keys

Every little bit hurts, Unplugged
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If I ain't got you, The Diary of Alicia Keys


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If i was your woman, unplugged


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El carretero


Sur le chemin de ma terre, un joyeux charretier passa, dans sa chanson bien sincère, une guajira bien gaie. "Je fais la navette pour décharger ma charrette, pour atteindre l’objectif de mon travail minutieux. A cheval nous allons vers le mont... je travaille sans relâche pour pouvoir me marier, ainsi je serai un paysan heureux. Je suis charretier et paysan, à la compagne tu vis bien, parce que le champ c’est l’Eden, le plus beau du monde entier. C
ultives la plaine, récoltes le fruit de ta sueur…"

 

Ay, por el camino del sitio mio un carretero alegre paso
En su tonada que es muy sentida y muy guajira alegre canto.

Me voy al transbordador a descargar la carreta
Me voy al transbordador a descargar la carreta
Para llegar a la meta de mi penosa labor.

A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte
A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte.

Yo trabajo sin reposo para poderme casar
Yo trabajo sin reposo para poderme casar
Y si lo puedo lograr ser un guajiro dichoso.

A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte
A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte.

Soy guajiro y carretero, en el campo vivo bien
Soy guajiro y carretero, en el campo vivo bien
Porque el campo es el eden mas lindo del mundo entero.

A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte
A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte.

Chapea el monte, cultiva el llano, recoge el fruto de tu sudor
Chapea el monte, cultiva el llano, recoge el fruto de tu sudor.

 

Buena Vista Social Club El Carretero

 

 


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26 octobre 2009

La Courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Paul ELUARD, Capitale de la douleur (1926)

 


A ses beaux yeux qui me caressent, où désir et douceur scintillent, où le temps jaloux se suicide, à ses regards qui font battre mon coeur à l'unisson de ses clins, à ses regards qui s'ils m'évitent ma vie s'éteint.


25 octobre 2009

Le temps qu'il passe

 Hier j’ai danser, aujourd’hui je suis allée au cinéma, Africart, une belle salle, six spectateurs au fond, et moi à la première rangée, étalée sur deux sièges, j’occupais tout l’espace, et j’avais l’impression d’être dedans, ou que le film s’est échappé de l’écran.

Le temps qu’il reste, film d’Elia Sulaiman, réalisateur palestinien, chroniques du présent-absent, un film conçu dans un esprit de cahier de souvenirs, un scrapbook, une bobine fragmentée, des bribes d’une vie, une première scène magnifique, le chauffeur isrélien égaré, s’arrête au milieu de la tempête, très confus pour avancer, puis les mémos,  l’invasion israélienne de la ville de Nazareth,(terre sainte, ni arabe ni israélienne) époque de l’avant Elia, ensuite l’enfance d’Elia, puis son retour, (une épopée, une mini-trilogie, aspirant Le Parrain dont l’un des personnage siffle le thème).

Un dialogue quasi-absent, drôle et court si présent, ce n’est pas un film d’histoire, ni de guerre, même pas intrigue ni message à transmettre, ni critiques, ni conclusion à tirer, le spectateur doit méditer et deviner.

Le réalisateur est le personnage principal, il n’incarne pas un rôle, il a ouvert la mémoire de sa famille et la sienne et il a filmé, Elia, si je me rappelle bien n’a pas soufflé un mot, depuis son apparition dans la troisième partie, il a gardé le même regard triste figé, la même posture d’un spectateur inerte qui redécouvre sa famille ses amis son pays, d’ailleurs les personnages comme Elia ne s’expriment que rarement, ils nous laissent deviner leurs émotions,  l’absence de gestualité, leurs visages atones réussissent à dégager une esthétique très profonde, mélancolique et d’une humour décalée, des plans bien cadrés, simples incluant d’autres plus compliqués, (salon calme, oiseaux chantent, télé en mode mute diffusant un bombardement).

En sautant d’une page à l’autre de ce méli-mélo de souvenirs,  les scènes hilarantes  se défilent, un soldat israélien se hisse sur une brique pour bander les yeux du père d’Elia, un homme grand, un vieillard qui tente de se suicider quand il se soule, une femme myope qui regarde la télé, deux hommes qui pêchent dans une nuit glaciale, une poignet de soldats leurs pose les mêmes questions, le petit garçon qui jette les plats de lentilles à la poubelle, pleins de scènes deviennent drôles à force de se répéter, et pour finir Elia a même sauté à la perche par-dessus le mur de sécurité, une expressivité fulgurante.

Elia semble accorder un soin méticuleux à la bande-son  plus qu’au dialogue, les voies de Fairouz, Ismahâne, Abdelwahab, accompagnent les personnages durant cette vie qui s’étale de 1948 jusqu’à ce jour, on y ajoute la musique techno vers la fin.

Elia Sulaiman, l’acteur et le réalisateur, un mélange de Dustin Hoffman, Charlie Chaplin, Jacques Tati. Avec un arrière gout narquois typiquement oriental.

Un film à revoir, on se pose beaucoup de questions, une seule fois ne suffit pas.


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Une chanson culte, diffusée par la voix d'Ismahân (pas cette version) dans un phonographe que des soldats ont déniché dans une maison abondonnée. Une scène marquant le père d'Elia.

 

 

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23 octobre 2009

Le jardin parfumé

Cheik Nefzaoui a été condamné à mort par le bey hafside de Tunis, Abû Farîs Almutawakkil,  en échange de sa vie il lui ordonne  d’écrire un manuel érotique capable d’éveiller les sens du souverain las de ses nombreuses femmes.

Le cheikh s’établit et élabora un ouvrage « Arrawdh al âtir fî nozhatil khâtir », « le jardin parfumé où l'esprit se balade » (je le traduis ainsi !), écrit dans un esprit semblable aux « Milles et une nuit », mais se consacrant exclusivement à la pratique sexuelle et d’une manière plus précise étayée et sérieuse, amplement plus riche que le Kâma-Sûtra, une panoplie de postures amoureuses et de théories, du vocabulaire  érotique (accorde au pénis 40 noms!!), prévention des maladies et traitement, jusqu’à l’homosexualité, un traité complet sur l’éducation sexuelle.

Comme « Milles et une nuit », l’ouvrage est un grand classique de la littérature orientale, et il est préférable de le lire en arabe, pour apprécier les finesses et la subtilité de l’auteur, altérés par la traduction.

Le livre est loin d’être une œuvre pornographique, étalant des techniques de fornication pour améliorer la performance masculine, c’est un livre destiné aux femmes comme aux hommes pour une fin instructive, d’autent plus que l’islam autorise aux gens de poser tout types de questions et d’aborder tous les sujets sans honte « La hayaâ fi dine », cela dit, tout de même l’auteur a clairement mentionné son respect pour la condition féminine (contrairement aux ouvrages érotiques masculins), "les femmes valent mieux que les hommes. Elles leur sont supérieures en tout et surtout dans l’art de jouir et de réfléchir".

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On ne vient donc pas blâmer ce cheik et l'accuser d'avoir réduit le statut des femmes à un sourire vertical, quand ses lecteurs manquent de lucidité et de sagesse pour comprendre qu’à l’origine la sexualité est un partage équitable et simultané, et que l’auteur n’est pas un machos obsédé qui expose des balivernes. Il ne faut pas tout de même oublier que c’est un livre du XV siècle, dans une société musulmane masculine, on ne peut pas s’attendre à y voir des femmes prendre l’initiative ou jouir de postures dominantes (Andromaque!!), elles sont passives, receveuses et obéissantes, mais leurs jouissance est la clé du jardin du plaisir.

 

21:53 Publié dans Livre | Commentaires (0)

Qui ne dit mot consent!

J’ai très envie de danser, et puisque je n’ai pas sorti depuis longtemps, reprendre me parait difficile, alors je reste chez moi, pizza, coca, et film, pas si top, la pizza bourrée de fromage que je préfère éviter, le coca je l’ai renversé sur le lit, gourde que je suis! et le film en streaming, « Yes man », qui s’est planté à la 72e min, au même moment, comme pour combler la charmante soirée, un orage s’éclate, il gronde, du vent en rafale, il pleut averses, les palmiers s’affolent, balancent leurs branches sous les réverbères et les ombres sur la chaussé se déhanchent, j’attends voir une sorcière sur un balais ou Eole surgir d’un nuage ! Et j’ai bien fait de ne pas sortir !

Pour passer la soirée, je lis quelques passages de la presse arabe (golfique) sur la Tunisie,  et c'est vraiment la honte, ils s’attaquent à nous, à notre religion « défigurée », à nos femmes, à notre mode de vie, manquant souvent de professionnalisme, et d’objectivité journalistique , ils rapportent des informations erronées et infamantes sur la Tunisie, dans le but de ternir l’image du pays dans le monde arabe, un pays qui leur est supérieur en terme de conscience sociale, en terme de "happy planet index",  un pays déjà impopulaire à cause de ses tendances modernisantes incontestables , contrairement à certains de nos « amis-ennemis » (sur le plan social et publique) qui se vantent à s’y méprendre d’avoir introduit  le  « zéro » dans les mathématiques, oubliant qu’ils se sont bloqués à ce niveau, voir reculés, et chez lesquels l'islam se résume en quelques mots : femmes, sexe.

La presse arabe ne rate aucune occasion pour attaquer, utilisant un stratagème précis qu’un juriste tunisien décrit : « épargnez la citation de quelques noms et vous pouvez écraser toute la TUNISIE. »

Genre citer des faits divers, souvent véridiques mais défigurés, pour provoquer un vrai réquisitoire contre nous, je cite à titre d’exemple, dans une chaine TV un certain cheik qui raille l’islam de la Tunisie et la Turquie  aussi (apparemment l’islam prend des nationalités différentes), choqué par le fait qu’un homme peut écoper d’une année de prison et payer une amende s’il se marie une deuxième fois alors qu’il peut vivre en concubinage sans être dérangé.

 Je rectifie que le concubinage est aussi réprimandé par la loi que par la société, mais l’on préfère les concubins, et les bordels réglementés, aux femmes de ménages philippiniennes ou indienne, battues, maltraitées au point de se faire souvent violées par toute une famille golfique du père aux fils,  et éventuellement mère !! (l'une d'elles assassine toutes la famille), aux employées  magrébines (secteur mode et esthétique) qui se trouvent harcelées par leurs patrons,  et forcées à se prostituer pour récupérer leurs passeports, aux taux d’homosexualité féminine hallucinants, dont nos même employées immigrées en sont témoins (dans les huis clos féminins ; hammam, centres d’esthétiques..), à leur racisme ahurissant  vis-à-vis de tout immigrant travailleur du tiers monde(africain, asiatique, magrébin), [Human Rights Watch].

La respectueuse chaîne TV « Al Arabiya » a publié sur son site un article sur un imam tunisien « fervent supporter du CA (équipe de foot tunisienne) priant  pour que l’EST (l’adversaire) perdra un match crucial,  et ceci au cours de la prière du vendredi » suscitant un fléaux de commentaires de haine.

Je précise que cet imam d’une mousquet d’une ville pas loin de chez mes parents (15km), a réellement  évoqué le foot, dit mon père, dans sa « Khotba »,  racontant qu’un groupe de jeunes qui ne respectent pas la mort se sont emportés dans un débat sur le prochain match lors de funérailles dont l’imam était témoin, il a donc souhaité que leur équipe échoue, pour qu’ils en tirent une leçon.

On en voit souvent des histoires pareilles, un sacrilège implicite qui rencontre généralement une froide indifférence de notre part. Je cite seulement que le journal qatari « Al arabi », a provoqué la colère de l’écrivain tunisienne Olfa Youssef, qui poursuit en justice son rédacteur en chef pour diffamation et injure, enfin une femme, refusant de consentir, prend l’initiative de les faire savoir à qui ils ont affaire ! 

21 octobre 2009

Cybelle dévoilée

Cybelle, la déesse aux mystères, à la fertilité, Cybelle la nature sauvage,  Cybelle qui a les clés de la Terre, qui guérit les maladies, qui protège le peuple, qui écrit les récits sibyllins. Je ne pourrais pas blogger sous un pseudo meilleur. Il a fait connaissance avec Cybelle. ( ou Cybèle).

Je me sens déshabillée, comme s’il me voit nue pour la première fois, pourtant ni pudique ni timide, c’est  l’embarras de dévoiler mon intimité, l’anxiété, la peur de le décevoir, il a fallu du cran pour me montrer du brouillard qui m’enveloppe,  j’ai encore des tas de scribes et de mémos confinés dans mon casier, il lit mon blog et mes écrits, serait-ce un malaise ? Serai-je capable de les exposer ? Je ne sais plus que faire ici, ignorer qu’il a tout lu, et continuer à m’exprimer librement, ou être malgré moi contrainte de ne pas étaler mes quatre vérités ?

J’ai une réponse à priori, et pour commencer, là j’écris ouvertement, objectivement (par rapport à lui), je n’ajoute rien pour le flatter ou lui plaire ou embellir mon image, je n’omets rien, c’est mes pensées crues et brutes, comme j’ai l’habitude de le faire, on pense à ce que l’en veut et on pense soit même à ses idées, n’est ce pas la liberté de pensée, le droit le plus accessible le plus réalisable et le plus naturel qu’il en soit, en jouir sans attenter celle d’autrui, ni ses sentiments ni sa dignité, surtout quand cet autre n’est autre que l’être qui compte plus que quiconque, c’est une tache de droiture, d’honnêteté, je suis certaine que je ne le suis que peu, cela dit, je veillerai à donner à César ce qui revient à César.

Je dois avouer que je me sens soulagée, étant dit, il tient toujours à moi, comme j’y tiens, et surtout qu’il s’est montré plus pragmatique que je le croyais, c’est un homme pratique! ( dans ce cas une qualité) Il a dit qu’on peut écrire ou parler des choses dont on semble très convaincu alors que la réalité est différente, on ne se rend pas compte ! Et je me rappelle avoir lu une histoire pareille d’un couple marié (je la posterai plus tard) Sa tolérance m’a ravi, je n’attends pas moins de lui, il gagne en estime et en admiration. 

Notre couple, inaccoutumé et paradoxal me semble de plus en plus ferme et inébranlable, malgré notre principal écueil qu’est la communication, alors je continue à penser et écrire ce qui beau me parait, en fin c’est ma façon de prendre mes repères et de me vider le cœur, j’aurai préféré lui raconter tout ce qui me tombe sur la tête, mais je n’ai pas la faculté de dire ce que je veux quand je veux, d’autant plus la distance m’isole.

C'est tout de même ce rapport sentimental qui nous lie qui fait la pluie et le beau temps dans nos vie à deux, on fera tout pour le préserver, advienne que pourra !

21:42 Publié dans Ab imo pectore | Commentaires (0)

20 octobre 2009

Ode à Charlotte

"Charlotte avait le feu sacré de l’indépendance, ses idées étaient arrêtées et absolues. Elle ne faisait que ce qu’elle voulait. On ne pouvait pas la contrarier, c’était inutile, elle n’avait jamais de doutes, jamais d’incertitudes. Son parti une fois pris, elle n’admettait plus de contradiction. Son oncle, le pauvre abbé de Corday m’en a parlé dans les mêmes termes, comme d’une personne qui avait un caractère d’homme. Elle avait, en outre un esprit assez railleur, assez moqueur... Elle était susceptible de sentiments nobles et élevés, de beaux mouvements. Avec l’énergie dont elle était douée, elle s’imposait et n’en faisait jamais qu’à sa tête. Quoique dans la famille les femmes soient toutes énergiques, il n’y en avait pas qui eussent un caractère aussi décidé, aussi capable. Si elle eût commandé un régiment, elle l’eût bien mené, cela se devine ."

C'était Frédéric de Corday parlant de Marie-anne Charlotte Corday, la femme qui a assasiné Marat dans son bain, bien qu'elle soit criminelle, Charlotte est une femme de caractére, hantée par ses principes et ses moeurs, elle a commit son acte avec sang froid, parce que ce Marat L'ami du peuple a osé se féliciter d'avoir participer aux massacres de septembre 1792, une psychose des révolutionnaires, le sommet de leur violences sanguinaires, cet homme a offensé son sens de justice, et elle l'a éliminé.

 "Il suffit que je sois bien malheureuse pour avoir droit à votre bienveillance" ecrivit elle dans sa lettre. Mais on n'affronte pas le mal par le mal.

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 Marat par J.L. David

23:48 Publié dans Un bout d'histoire | Commentaires (0)

19 octobre 2009

La fosse de l'indicible

Par moments je me sens une imitation de moi même, une contrefaçon très mal faite, je réagis comme un automate, et je consomme et j’abime, par moments quand je manque d’inspiration, et que je ne produits plus, même pas un mot gentil pour consoler une personne, quand je me sens pathétique, inutile, un tas de pierres qui attend qu’on le jette, par moments ça m’arrive, on me dit c’est la vie ! Je dis la vie n’est pas un porte-manteau sur lequel on accroche nos échecs et nos erreurs, c’est moi, le problème, je n’arrête pas de penser, de faire fonctionner  mon cerveau à l’épuisement, pour aboutir à rien, c’est moi qui aime la vie, qui la cherche, la trouve, la touche, la goûte, me brûle, me cache, me relance, me déçoit, et elle, la joueuse, elle défile ses mirages, des illusions à perpétuité, je me laisse leurrer, et je l’aime un peux plus… « J’aime la vie » n’est ce pas ce livre de Christine Arnouthy, cette belle Kitsch qui aime la vie au point de finir par s’écraser sous les roues d’un camion !

Je manque d’inspiration, pourtant des femmes peuvent être heureuses sans inspiration, avoir ce qu’il faut d’une manière classique, pourquoi je suis embrouillée, et inapaisable, pourquoi je suis rabâcheuse, pourquoi je ne suis pas normale ?

Je manque toujours de quelque chose, mais d’abord je manque de lui, Barbaritto, qui est loin, et engagé dans une autre vie, et qu’on s’aime, une folie ! C’est comme voir qu’on fonce droit vers un mur et qu’on accélère comme même ! Bon je rumine l’histoire, comme on mâche sa propre chaire, c’est douloureux et amer, une autodestruction !

Je ne suis pas cette stupide romantique, alors je me demande si je l’aime vraiment ou si c’est un dessein de mon esprit fatigué, parce que je doute de ma capacité à transmettre un sentiment, si noble. Mais je le veux cet homme, cet homme qui n’est pas à moi, et j’ai inventé des histoires pour m’en dissuader, j’ai menti, j’ai dit l’avoir trompé, je suis partie, j’ai souffert, j’ai fait semblant, je l’ai blessé, mais il est revenu, et il m’a ouvert les bras, et moi enfiévrée, affamée, vaincue, agonisante,  je me suis accrochée, avant tout c’est mon meilleur ami, j’ai cru être capable de l’effacer, je n’ai réussit qu’à effacer la joie de mon cœur, et du sien, et maintenant impossible de l’imaginer subitement absent, pourtant je me torture l’esprit en imaginant la forme de la terre s’il sera dedans, « …un rêve récurant, parfois j’y songe, rarement juste une seconde, ou deux avant de la bannir, choquée, de mon esprit, je suis sure qu’il en va ainsi pour nous tous à propos des gens qu’on aime. C’est le triste corollaire d’un véritable amour, on se trouve obligé d’imaginer l’univers sans son bien-aimé, et d’en contempler une seconde ou deux l’horreur et l’abomination. Un coup d’œil au travers de la fissure sur le vide et le grand silence de l’au delà. » [ La vie aux aguets. William Boyd.]

Quand je pense à cette terreur, de le perdre, de voir une force ténébreuse l’entrainer vers un sommeil eternel, et qu’il est loin, et que personne me laissera le voir, ou lui apporter des fleurs, et que personne me consolera, quand j’y pense j’effleure l’évanouissement, impossible de continuer sans lui.

Que j’ai les idées noires, que je me bourre la tête avec des images machiavéliques, me flatte peu, mais je l’aime fichtrement pour ne pas m’affoler par moments.

Je ne dis rien à Barbaritto, c'est la fosse de l'indicible.

00:37 Publié dans Ab imo pectore | Commentaires (0)

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