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  • La chasse aux rêves

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    J’ai perdu mon enfance ! – c’est normal, j’ai vingt quatres ans.

    Oui mais mon enfance c’est fini, je m’ennui dans ce monde adulte, je suis tel une pêche verte, ni fleur ni fruit mûr, âpre dure immangeable, coincée entre deux mondes différents, et je m’ennui.

    Je m’ennui parce que j’ai perdu mon insouciance, parce que le monde des adultes manque d’imagination et d’innocence, un monde sec, vide, incolore et froid malgré tout ce qu’ils ont pu endurer  pour l’embellir.

    Les enfants, eux, ne fournissent aucun effort pour ceci et ils sont dans les nuages, même les plus laids et les plus infortunés profitent de leurs vies.  

    Dans ce mode magique tous ce qui peut exister de différences s’effond.

    Quand j’étais enfant je m’endors rapidement, je m’endors pour voyager dans une bulle de savon qui atterrisse dans le pays des merveilles, où tout est envisageable, là bas le lièvre de Mars me servait de guide, je reconnaissais Alice et ses clés, les chaussures de Cendrillon, les longues mèches d’or de Rapunzel, la queue argentée de la petite sirène et le sourire de cerise de Blanche neige. Mille et une nuits s’ouvrent devant mes yeux curieux avides de beauté et de magie.

    Que Dieu bénisse les grands messieurs, Disney, Carroll, Perrault, Dumas, les Grimm's et compagnie !!

    A mon âge relativement jeune, je ne peux plus dormir comme avant, c’est normal quand je pense à toutes les terreurs de l’humanité avant de sombrer dans les cauchemars de la nuit, les portes du pays des merveilles se ferment, elles sont gardées par des ogres, des trolls, des dragons, des sorcières et toutes les maudites créatures expulsées comme moi du paradis enfantin.  

    Et je me réveille le matin avec la tête alourdie de sommeil et de vertige.

    Parfois j’ai tellement mal  que je crains dormir ou me réveiller, parce que dormir c’est chercher un rêve perdu.

    Et se réveiller c’est affronter la réalité qu’on n’a pas trouvé son rêve perdu, se  réveiller c’est recommencer à penser comme adulte, à affronter la réalité, à songer à l’avenir, à la vie, aux taches à accomplir, et on réalise qu’on n’est plus fait pour rêver comme les enfants.

    Alors je préfère rester coincée dans le sommeil jusqu’à trouver le rêve, ou me tenir vigilente et éveillée pour réaliser mes rêves d’adulte.

    Lequel est plus réalisable, je n’en sais rien !!


     

  • Lettre à l'homme qui est parti

     

    04 AOUT 2008

    Mon cher,

    Que c'est triste Tunis quand tu n'y es plus!

    Je ne vois pas l'intérêt de continuer à me réveiller à brosser les dents à manger, peut être je le fais instinctivement... mais ça devient pénible.. pourquoi je regarde le miroir?... quelle importance d'être belle si je ne le vois plus dans tes yeux...je suis coincée dans le passé j'arrive pas à admettre que le temps passe ce n'est plus la semaine dernière...mais tu hantes mes pensées, chaque cellule en moi te réclame, je vis pour t'aimer..

     

    Je revis nos rencontres, nos baisers, nos joies, nos disputes...ce qui me console c'est que tu éprouves la même chose.

    Mon amour...une joie partagée est une double joie un chagrin partagé est un demi chagrin...

    On partage la peine...intéressante cette peine pendant qu'on souffre on ne s'ennuiera pas...je me souviens de la derniére soirée... on dansait, tu me serrais, tu donnais l'impression d'avoir possédé le monde, j'avais le cœur en miettes!!

    Je me souviens que tu n'aimes pas que je traine derrière toi je t'avais pas dit que j'adore mettre les pieds là ou tu met les tiens j’adore suivre tes pas, aujourd'hui mon amour je suis perdue je n’ai plus de pas à suivre…

    Je ne me lasse jamais de te regarder marcher, manger, rire, boire, conduire, danser, je mobilise mes sens au maximum, je t‘observe intensément, j’écoute le moindre de tes bruits, je m’enivre de ton odeur.

    J’adore voir ta confusion quand je me plonge dans le silence.. tu étais prêt à tout pour le briser, quand parfois tu ne trouves pas les mots qu’il faut toi le roi de l'éloquence…

    Si tu savais combien je t’aime, ceci frôle la vénération! Si tu savais que tu représentes tout ce que «homme » peut présenter, mon amour mon père mon frère mon enfant mon ami mon confident.. je n’ai plus besoin d’avoir un autre homme dans ma vie…

    Si tu savais que j’étais prête à tuer pour que tu restes. si tu savais que j'ai toujours été jalouse à en mourir et que ça m’obsède et que je fais un effort de géant pour ne pas te le montrer et que je le sens à chaque fois qu'un être humain te touches, ça me fait honte parfois..

    Si tu savais mon amour que la vie n’a aucun sens loin de l’espace de tes bras.. qu’il fait froid et noir ici..

    Il faut que je m’arrête ici, je ne vois plus l’écran, mes larmes le brouillent...

    P.S: J’irai manger au restaurant de la derniére fois, au moins manger aura un sens…pèlerinage.

  • Air latino


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  • AL FATIHA

    AU NOM DE DIEU CLEMENT ET MISERICORDIEUX

    Louange à Dieu, le maître de l’univers, le clément, le miséricordieux

    Souverain au jour de la rétribution

    C’est Toi que nous adorons, c’est Toi dont nous implorons le secours

    Dirige nous dans sentier droit dans le sentier de ceux que Tu as comblé de Tes bienfaits

    Non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni de ceux qui s’égarent

      

    Je trouve cette sourate universelle, monothéiste simplement. L'ouverture du Coran, une ouverture pour toute oeuvre, toute oeuvre a une ouverture, ingéniosité!

     

  • La peur aux trousses

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    Ce soir j’ai peur, j’écoute le fameux Yumejis’s theme, seule chez moi, il fait froid, c’est janvier.

     J’ai peur, j’ignore pourquoi j’ai peur, mais je pense à la peur elle-même, Dieu quelle force !

    Bouleversante , envahissante, ravageant… la peur  dans son plus haut étage, pas celle que je sens ce soir, celle que seulement quelques moments de la vie peuvent en être marqués, une peur qui se sente dans l’air comme une odeur familière de sang pourri, des endroits humides, sombres et moisis, elle remonte brusquement des profondeurs de l’âme sans que la personne qui l’éprouve réalise qu’elle pue la peur, sans que le visage de cette personne reflète ce qu’elle endure.

    Une odeur infecte, fétide qui remplit l’atmosphère, discrète presque inaperçue, mais d’une puissance affreuse. Rares sont les gens qui la captent mais une fois perçue, on ne peut pas l’ignorer.

    C’est comme se trouver dans une foule, des personnes différentes mais ordinaires, des visages inconnus, atones, presque inexpressifs, on a l’impression subitement que quelqu’un est engourdi par la peur, souvent on ne peut pas l’identifier mais il est là, on ne se trompe pas, il pette la peur, il y’a cette odeur acerbe qui se faufile entre les corps pour atteindre nos sens, on ne cherche plus sa source, on est submergé par les mêmes sensations, un frisson parcoure le corps, une goutte de sueur froide coule au long du dos comme un serpent, des fourmis aux bouts des doigts, le coeur alourdi de sang s’écrase contre l’estomac, on veut pleurer ou courir, sa langue se noue, ses yeux se fixent sur un point de l’espace évitant de coincer les regards des autres, on se tient à peine debout perdant sa force et sa raison, toutefois, son visage reste calme.

    Ceci ne dure que quelques secondes, on est immobile face à un instant si fragile, puis on reprend son souffle, on se demande où est ce qu’on était, on se rappelle sa peur, mais rarement de ce qui l’a provoqué.

    Et l’odeur, quel odeur ?? On rigole, on se traite de paranoïaque, et on oublie.

    Pourtant, on l’a senti, est-ce une sorte d’amnésie sélective ? Le cerveau supprime le message pour réduire la souffrance. Mais l’odeur et son origine, l’inconnu et sa peur bleue, on n’y pense plus, une fois débarrassé de ses émotions futiles on continu sa route, et derrière, la peur hante une personne dépourvue d’amnésie.

    Je n’imagine pas ces choses, cela m’est arrivé à moi, c’était un après midi d’automne, j’ai arpenté par erreur une ruelle de la Médina de Tunis, une ruelle étroite qui serpente, on ne voit pas son débouché, j’ai poursuivi mon chemin sans me sentir égarée, ce n’est pas la première fois que j’engage une rue dont l’issue m’est inconnue, à la Médina on est toujours perdu, c’est ce qui fait sont charme, on fini toujours par se trouver sur un chemin familier, alors j’ai marché à pas tranquille, absorbée dans mes pensées,  la rue déserte ombrée, j’admirais les fenêtres en fer  forgé des étages, les portes fermées, sauf une, je l’ai remarqué au moment de baisser les yeux, elle était devant cette porte entrouverte, une femme menue, accroupie, reposant son visage sur une main, visage pâle mais serein, sa vue m’a un peu surpris, je commençais déjà à apprécier la rue dépeuplée, j’ai continué à marcher arrivant à son niveau, une brise d’air confiné et froid m’a frôlé la joue, mon cœur a sursauté comme un oiseau qui s’envole, du coin de l’œil j’ai rencontré ses yeux vides, rien en elle ne le montre, mais pour moi elle était la peur incarnée, et cette odeur sordide, convoque un souvenir d’enfance, un puits abandonné, une petite fille qui se penche, une masse d’air frais chargée d’une odeur inconnue et très répugnante souléve ses cheveux frisés, la vue d’un chien gonflé qui flotte à la surface d’une eau noire, c’était le jour où j’ai accordé à la mort une odeur, celle des cadavres en décomposition.

    Cette femme aux yeux vides, m’a regardé et j’ai su qu’elle  a su que je savais qu’elle avait peur. J’ai accéléré le pas, mais sa peur m’a suivit, elle s’est approché de ma nuque, et m’a léché la peau, et j’ai vécu ce moment bref et tranchant, mon cerveau ne m’a pas épargné ce supplice.

    Je n’oserai jamais repasser par cette rue, mais la peur n’habite pas là bas elle me coincera un jour dans l’endroit où je m’attendrai le moins, et elle me montrera ce dont elle est capable de faire.

    Saurai-je la regarder plein dans les yeux ??

    Oh Dame peur !! Vous ouvrez l’enfer devant nos yeux !

  • Bonjour délices

    358501757_1a00ed58f5.jpgAu saut de lit, une douce odeur suave de croissant chaud me chatouille les sens, au lieu d’avoir l’eau dans la bouche, je pense plutôt au premier café-croissant, aux turcs  vaincus, aux sacs de café laissés derrière, aux boulangers de la ville, aux viennoiseries… et je me dis si les turcs n’ont pas échoué à s’emparer de Vienne, on aura jamais connu ce délice qui gâte nos réveils matinaux.

    Un croissant aux amandes de chez Frédéric Comyn, meilleur croissant de Paris, un "caffe latte bio" de chez Mellqvist Kaffebar, le café shtockholmien de l’héro de Millénium, et une table à la grand’ place de Bruges.

    On quittera la vie volontiers après. 

  • Ils ont dit, j'ai dit....

    adameve1.jpgOn ne change pas la vie c’est la vie nous change, l’on nait une page blanche, l’on fini une page brulée. Quand je pense à tous les hommes qui ont pensé, analysé, développé des avis sur la vie, je ne peux que me sentir microscopique et voir mes propres pensées de minuscules gouttelettes dans l’océan sans fin de la mémoire de l’humanité, cet océan n’est autre que des gouttes comme les miennes qui se déposent et s’évaporent infiniment. Par moment j’aie l’impression de me noyer dans cet océan, je découvre en moi une personne presque inconnue, je découvre que l’âme humaine est un océan aussi profond, pas nécessaire d’observer et étudier plusieurs personnes pour l’admettre, ma personne me suffit amplement, je l’exploite,  je la guette, je la dissèque et je suis loin de l’admirer mais je ne peux pas prétendre que je la déteste, on est jamais objectif quand il s’agit de soi.

    Comme d’habitude, je cherche une définition pour mon être, je pense que c’est de mon devoir de trouver des explications et définitions pour tout ce qui m’entoure, faute à ma formation de biologiste, et à ma surprise je n’arrive même pas à cerner ce que j’aime et ce que je n’aime pas tellement c’est compliqué !!!!

    La philosophie me rend malade, l’existentialisme, et le méchant Sartre…

     Je préfère plutôt parler de Darwin, plus ouvert cet homme ! Et en l’évoquant je réalise que j’ai développé une certaine dérivée  de sa théorie, imprégnée par la culture musulmane, forgée dans les fourneaux de la science, ouverte et tolérante par nature, j’ai une capacité bizzare à accepter et mélanger des idées différentes contradictoires parfois pour en dégager une zone de « transit libre ».

    En ce qui concerne l’évolution, je pense que Dieu étant le plus grand savant, puisque créateur, a lui-même manipulé le processus de l’évolution, Dieu a crée la vie, au début ce n’était pas la vie comme on la connait maintenant, au début Dieu n’a pas décidé comment sera sa sublime créature, la plus parfaite, la mieux adaptée, la plus belle, IL a crée la vie, et Il l’a mi dans son immense laboratoire : la Terre,  et depuis, sur cette entité de base,  Il a agit, corrigé, retouché, ajouté, effacé, fusionné, augmenté, transformé, manié, éliminé, converti, rénové…  et la vie a changé la vie a évolué, le model final a été mis à terme par l’apparition des premières  espèces d’hominidés dérivant ,selon les preuves -très logiques de Darwin, d’autres espèces apparentées les unes aux autres, dérivant tous de la première unité de la vie, une seule et unique, une cellule.

    A ce niveau Mr Charles Darwin, n’a eu pas tort.

    La touche finale, Dieu récupère son model final, lui souffle une âme, ceci ne veut pas dire qu’il n’en avait pas avant, mais une âme comprend une raison, une conscience de ce qui l’entoure, une langue qui parle, un cœur qui bât différemment des autres créatures, c’est un Homo sapiens sapiens, c’est Adam un homme qui devrait peupler la Paradis… loin d’être parfais et infaillible, il s’est avéré pas digne du paradis…et on connait le reste de l’histoire.

    A ce niveau les textes sacrés n’ont pas  tort.

    Darwin a juste découvert comment Dieu a mis au point la structure du model, les textes sacrés ont raconté le reste de l’histoire, la partie que nos cerveaux  génies ne peuvent pas deviner.

    Tout le monde a raison, le tout fait l’histoire complète, Oh que c’est simple la vie !!!!

    Je me demande si aucun idiot n’a pensé à cela avant que je le note sinon j’irai vite réclamer mes droits d’auteur.

    Le désespoir nous fait dire des choses stupides, un jour Adam avait dû perdre son côte, Eve a vu le jour.

    Un jour j’ai perdu mon Adam et je préfère mille fois l’échanger contre un côte ou même en garder le nécessaire pour survivre et donner le reste pour le récupérer.

    D’ailleurs j’ai mal aux côtes depuis.

     

     

  • Histoire du paysan de Makter

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    MAKTAR

    On a découvert à Makter, l’ancienne Maktaris, une inscription archéologique de grande valeur, c’est l’épitaphe d’un paysan qui raconte sa vie, avec un accent de sincérité plein de saveur :

     «  Je suis né, dit-il, d’une famille pauvre, mon père n’avait ni revenus, ni maison à lui.

    Depuis le jour de ma naissance, j’ai toujours cultivé mon champ, ma  terre ni moi n’avons pris aucun repos. Lorsque revenait l’époque  de l’année où les moissons étaient mûres, j’étais le premier à couper mes chaumes, lorsque passaient dans la compagne les groupes des moissonneurs qui vont se louer autour de Cirta, la capitale des numides, ou dans la pluie qui domine la montagne de Jupiter, alors j’étais le premier à moissonner mon champ.

    Puis quittant mon pays, j’ai, pendant douze ans, moissonné pour autrui sous un soleil de fer, pendant onze ans, j’ai commandé une équipe de moissonneurs et j’ai fauché le blé dans les champs des numides.

    A  force de travailler, ayant su me contenter de peu, je suis enfin devenu propriétaire d’une maison e d’un domaine aujourd’hui, je vis dans l’aisance. J’ai même atteint les honneurs je fus appelé à siéger au sénat de ma cité et de petit paysan devins censeur.

    J’ai vu naitre et grandir autour de moi mes enfants et mes petits enfants, ma vie s’est occupée paisible et honorée de tous. »

    Ce passage m’a singulièrement  touché, extrait d’un vieux livre que j’ai déniché  dans le grenier d’un vieux couturier ami de mon père intitulé « Histoire de la Tunisie ». Ce paysan de l’antiquité, pouvant être mon ancêtre, évoque la persévérance et la détermination de ce peuple  tunisien parsemé  dans nos terres fertiles, qui a longtemps rempli les ventres romains.