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  • Je hais les chats

    Je n’aime pas les animaux ! Non ce n’est pas vrai, j’ai seulement du mal à les accepter en milieu urbain, à part les oiseaux qui ne quittent pas le ciel, tout autre animal "domestique" me parait encombrant, parasite, les rats et cafards de toutes les villes du monde, les corbeaux de Tokyo, les pigeons de Paris et d'Istanbul, les corneilles de Moscou, les moustiques de La Havane, les chiens de Bucarest, les chats de Montréal, les caméléons de Ouagadougou, et les chats de Tunis, il y en a partout, des rues qui empestent jusqu’aux restaurants chics de la banlieue, aux hôpitaux, aux facultés, aux établissements publics, dans les jardins, dans les trains, jusqu’à ma garde de robe et ma chambre à coucher, ils sont intelligents, provocateurs, audacieux, insistants, curieux, ils sont sales, se reproduisent beaucoup, ils sont très communs, hybrides, une race quelconque, particulièrement insupportables !

    Je n’apprécie pas l’abattage des animaux urbains, je n’aime pas ôter la vie à un être vivant, disant que pour ce grand problème il n’y pas de solution qui m’arrange.

     

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    Je suis contrainte de vivre avec ces créatures, même chez moi, ma colloque avait un chaton qui a passé une année à me pourrir la vie, réveil à cinq heure sur son affreux miaulements, une grosse merde sous le lit, un tapis qui pue la pisse, déjeuné volé, et elle me confiait son chat morveux quand elle part pour quelques jours, c'est le chat le plus moche du monde, le plus gâté et le plus malin, il laisse ses poils partout, un batard de la rue, et puis quand je n’en pouvais plus elle l’a emmené chez sa mère!

    Alors je déclare solennellement que je hais les chats.

  • Par moments

    Chaque vie est unique, on ne va pas se mettre à vivre la vie de quelqu’un d'autre seulement pace qu’elle nous semble un peu plus captivante, tout ce qui nous arrive a de l'importance même si c'est uniquement à nos yeux que ça compte, tout le monde, presque outré, va dire : "oui justement, mais non pas moi, ça ne me concerne pas !!! ", puisque c'est moi qui le dit, va croire que je le fais!

    Seulement par moments, j’avoue que, depuis un temps, j’ai oublié à quoi ressemblait ma vie, maintenant je porte la vie d’un autre, je me moule, je fais semblant de ne pas savoir que ce n’est pas ma vie, mais je ne suis pas cette femme là et je ne peux plus revenir celle que j’étais !

    Seulement par moments, je réalise quand je vois des preuves irréfutables que je joue un rôle, je devenais aussitôt actrice dans une pièce qui n’est la mienne, pire encore le rôle c’est de se cacher au coin pour masser les épaules et les pieds des acteurs!

    Seulement par moments quand je réalise, je me trouve ébranlée, je me méprise, puis comme une autruche j'enfonce ma tête dans le sol, et je continue à faire semblant !

    Par moments, comme ce soir, j’ai vu à quel point je me suis fait malléable, je me sens encore secouée, plus tard je redeviens l’autruche !

    Par moments, j'aie une révélation, un instant d'extrême conscience, une chimère, et une petite voix de  V.Hugo qui ne se trompe pas, "Nos chimères sont ce qui nous ressemble le mieux".

    Par moment, je réalise que je m'offre, que je suis comestible, je m'indigne puis j'évanouis l'intuition et je me mobilise pour trouver un autre moyen pour me débarasser de ce qui reste de moi.

    Par moments l'être humain peut se profiler d'une répugnance sans égal.

  • Blessures par..larmes

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    Ce garçon "déchiré" a été photographié dans la ville de Kanyabayonga, à environ 150 kilomètres de Goma, capitale de la province du Nord Kivu. La ville a été attaqué et pillé par des groupes armés. Ses habitants ont fui dans la forêt pour échapper à la violence et la moitié seulement d'entre eux est revenue. La photo a été prise par Olivier Asselin, journaliste canadien, pour UNICEF.


    Les ravines que les larmes ont creusé sur ses joues remplacent tout commentaire.

  • Adagio

    Pas besoin d'être musicologue pour savoir qu'un adagio est un petit air de magie qui met "à l'aise" de suite.

    L'Adagio d'Albinoni, Remo Giazotto
    podcast

    L'Adagio pour cordes, Samuel Barber
    podcast

  • Hommage aux Oranges

    "Je me rappelle un petit bois d'orangers, aux portes de Blidah; c'est là qu'elles étaient belles! Dans le feuillage sombre, lustré, vernissé, les fruits avaient l'éclat de verres de couleur, et doraient l'air environnant avec cette auréole de splendeur qui entoure les fleurs éclatantes. Çà et là des éclaircies laissaient voir à travers les branches les remparts de la petite ville, le minaret d'une mosquée, le dôme d'un marabout, et au-dessus l'énorme masse de l'Atlas, verte à sa base, couronnée de neige comme d'une fourrure blanche, avec des moutonnements, un flou de flocons tombés.

    Une nuit, pendant que j'étais là, je ne sais par quel phénomène ignoré depuis trente ans cette zone de frimas et d'hiver se secoua sur la ville endormie, et Blidah se réveilla transformée, poudrée à blanc. Dans cet air algérien si léger, si pur, la neige semblait une poussière de nacre. Elle avait des reflets de plumes de paon blanc. Le plus beau, c'était le bois d'orangers. Les feuilles solides gardaient la neige intacte et droite comme des sorbets sur des plateaux de laque, et tous les fruits poudrés à frimas avaient une douceur splendide, un rayonnement discret comme de l'or voilé de claires étoffes blanches. Cela donnait vaguement l'impression d'une fête d'église, de soutanes rouges sous des robes de dentelles, de dorures d'autel enveloppées de guipures..."

     

    Alphonse Daudet, Lettres De Mon Moulin

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