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  • Trick or treat!

    Ambiance d'halloween, le voisinage plonge dans le noir, tous les révérbéres ont décidé de faire la gréve ce soir, quelques nuages dispercés imbibés par la lumiére du grand Tunis se distinguent dans le ciel par leur couleur orange, soirée poétique et sinistre, loin des festivités, je ne vois que le côté obscure, les esprits du firmament, franchissant les barriéres, je les sens rôder, la lune timide tente de creuser un chemin parmi les flocons oranges aux traits de jack-o'-lantern, elle ne réussit qu'à jeter un bref coup de lumiére froide et terne.

    Et moi j'ai repris mon ancienne habitude de lui écrire, et je me morfonds, je détéste ce faible qui me pousse à le harceler, c'est comme la premiére cigarette après une longue abstinence, une aspiration, une deuxiéme et on en a pour bien longtemps.

    J'écris ce que je fais, ce que je compte faire, ce que je sens, ce que je veux, lui il lit, c'est déja bien (parfois c'est trop long), mais en reparlant plus tard je remarque qu'il n'a rien retenu, même pas les faits simples, comme "j'ai vu ton frére dans un café", tout ce qu'il voit c'est la demie bouteille vide, il est loin, il me manque, il est entouré, je suis jalouse, je suis triste, équivaut à "il est la source de mon malheur", il en a marre lui, je lui file la "rage".

    Je serai ravie à savoir que ma présence compte pour lui, qu'il n'apprécit rien loin de moi, et qu'il peut se sentir triste et seul à cause de ça, c'est humain, c'est naturel, quand on est à deux on est aux anges, chacun pour soi on est dégouté, après un mois on en manque, non?

    Mais jusqu'à avoir la rage, je ne comprends vraiment pas, en littérature arabe préislamique l'on accorde à l'amour deux qualificatifs, platonique ou érotique, nous on se balance entre les deux, maintenant on est à la phase platonique, c'est tout à fait normal d'éprouver des sensations platoniques, c'est normal de souffrir quand on est loin de l'être le plus cher, "la maniére la plus profonde de sentir quelque chose c'est d'en souffrir", ce n'est pas moi qui le dit c'est Flaubert!

    Je ne comprends vraiment pas où est ce je dois me positionner, certainement pas rester neutre, moi soit j'aime soit j'aime pas! soit platonique soit érotique, qui peut prétendre avoir un troisiéme qualificatif? me dire qu'il est possible que deux personnes aient des relations sans pour autant coucher ensembles, je répond que "érotique" ce n'est pas coucher ensembles uniquement, avoir des relations ça reléve de l'érotique, deux personnes s'aiment en érotique doivent garder une certaine distance qui ne dépasse pas le champ visuel, condition brisée, on est au platonique simple, non?

    Mais lui, et parce que c'est lui, toujours exceptionnel, il est quelque part entre les deux, je n'arrive pas à le rejoindre, ni à comprendre, et puisqu'il ne dit rien de ce qu'il sent, je laisse libre cours à mon imagination, et les questions s'entassent, et il s'enrage, de la façon avec laquelle j'intrepréte et je dessine sa vie!

    Il reste inerte, inaccessible, inpénetrable, mystérieux, comme un dieu qu'on doit aimer sans le voir, on prétend le sentir, et à force de se le répeter on fini par y croir dur comme fer!! La preuve c'est que j'arrive toujours à sentir ses bras forts m'enlacer et briser mes côtes quand je lui demande (au téléphone) de me serrer, il suffit de me concentrer sur cette impétueuse envie,  et parfois je pleure!

    Il enferme ses pensées dans une série de matriochkas, enfermée à son tour dans un coffret étanche dans une caverne d'Ali Baba sur une maudite île au trèsor au large de Bermuda, et pour y arriver il me faut sa carte du Maraudeur, sur laquelle "je jure solennellement que mes intentions sont mauvaise" ne fonctionne pas, alors méfait accompli, je comprends que malgré tout l'amour qu'il a pour moi, il est bien là bas, comme un oiseau migrateur, là où il passe se sent chez lui, avec moi, avec une autre c'est pareil du moment où il ne se plaint pas!!

    Se plaindre, est un défaut, il est patient et resistant, comme un roc tout se brise sur lui, rien en semble le déstabiliser, ou alors il ne me confie pas ses faiblesses, moi râleuse et vulnérable, et je veux qu'il se plaint de ne pas être avec moi, j'ai besoin de le savoir, de sentir que je manque à sa vie comme il manque à la mienne, que je fais moi aussi la pluie et le beau temps!!

    Il croit qu'il est une partie de ma vie, pas ma vie entiére, d'après ce que j'écris sur mon blog et dans mes lettres, et ça lui fait mal en quelque sorte, pourtant en réalité moi je suis une partie aussi, alors n'ai je pas au moins le droit d'apprendre de sa bouche que ma présence fait la différence?

    Enfin je dois maudire internet, pour avoir fait du virtuel un eratz approbé de la présence physique, mais d'abord maudire ce faible de ne pas pouvoir m'en dépasser, fallait il que l'on s'aime si on ne peut pas l'assumer?

     

  • Intimité

    Je me rappelle une histoire stupide, que j’ai lu dans un magazine de psychosexologie en 97 ou 98 (j’étais encore au collége!), je me rappelle clairement des détails, pourtant je ne sais pas qu’est ce qui m’a attiré dans cette histoire à cette époque.

    Voila, c’est une femme qui raconte au psychologue sa mésaventure avec son « journal intime » (je me suis dis « ban fais bien attention ne te fais jamais un ! »), la femme s'est mariée depuis quelques mois, avec son boss, de l’extérieur c’était un bon couple amoureux heureux, l’intérieur semble l’être aussi, sauf dans le journal intime de cette femme, elle vit la relation sous un aspect différent, et puis le mari a décroché un contrat dans un pays étranger et il devait partir seul pour préparer leur maison, puis elle pourra le rejoindre, lui, il était triste la séparation lui paraissait insupportable.


    Ce matin, elle était partie faire des courses, le mari s’affaira dans la maison vide en pensant aux mois de solitude qui vont venir, il a cherché l’album photo de sa chère épouse dans un tiroir et il a tombé sur… son journal intime !

    Il ignorait déjà qu’elle écrit, et il s’est demandé pourquoi a-t-elle besoin d’un journal intime, « il a cru que c’était lui son intime » lui écrira t-il plus tard, il s’est planté devant ce « truc », déchiré entre l’envie de découvrir la face cachée de sa femme, et le respect conjugal des « marges de vie personnelle ».


    Il s’est dit que rien ne vaut cette chance pour mieux connaître sa conjointe, il a donc lu, et il a relu, incrédule, terrifié, ses passages ; elle est très amoureuse de lui, à savoir le temps qu’elle passe à l’observer sans qu’il s’en aperçoive, à l’admiration qu’elle a envers sa personne, l’attention qu’elle porte jusqu’à ses minimes gestes, qu’elle décrive avec zèle, aux choses qu’elle connaisse sur lui sans qu’il ne lui en parle, qu’elle le trouve l'homme le plus intelligent, le plus beau, le plus respectueux….


    Mais il était terrifié pace que apart l’amour il y’avait une contradiction qu’il n’avait pas su expliquer, sa femme n’aime pas coucher avec lui, elle ne supporte pas qu’il la touche, elle n’éprouve aucun plaisir, elle se sent malheureuse, mais elle ment pour ne pas le blesser, elle fait toute une comédie de frissons, de gémissements, elle arrive jusqu’à l’aborder elle-même pour ne pas qu’il sache qu’en réalité elle a envie de fuir quand elle le voit nu!


    L’homme resta perplexe, qu’est ce qu’elle raconte, comment… pourquoi… quand…quoi… et il a vacillé en lisant qu’elle est presque soulagée à l’idée de se séparer un peu de lui, elle voulait réfléchir à tout ça.


    Il a remis le journal à sa place et il a rencontré sa femme avec un air neutre et distrait, puis ils ont fait l’amour comme d’habitude, elle avait la flamme, elle le désirait, qu’est ce qu’il doit croire son corps ou son journal !


    Le matin il prit ses valises et partit ! Sans commentaire !


    Les jours passèrent, madame n’a reçu aucun appel de son chéri, attristée elle a pris son journal pour y gribouiller, dans ses pages découvra une lettre, une écriture familière, son mari, il a donc lu, son cœur sursauta, ses mains tremblèrent, il a lu !!


    Il lui a écrit comment il a trouvé son « truc », puis le passage que je n’ai pas oublié «pourtant je savais que je te dégoute, que je suscite ta répugnance, cette nuit je ne pouvais te faire l’amour que d’une seule manière, celle qui me fait sentir que je possède le monde en te touchant, et puisque tu as détruit mon monde je ne te toucherai plus, je ne te verrai plus jamais ».
    La femme s’est affolée, s’est affalée par terre, a hurlé hystériquement, les voisins ont dû forcer la porte, elle s’est réveillée le lendemain à l’hôpital, et depuis elle cherche son mari partout, elle a voyagé, contacté les autorités, il a disparu simplement.


    Dans le magazine elle raconte que ce qu’elle a écrit, l’a réellement vécu, parce qu’elle a souffert de troubles hormonaux qui lui ont causé une sorte de frigidité, qu’elle a subi des traitements en cachette et qu’elle a commencé enfin à se sentir mieux, qu’elle avait peur de le perdre s’il apprenne la vérité, qu’elle n’avait pas le cran pour avouer, qu’elle se sentait inférieure, et qu’elle ne voulait que le bonheur de cet homme qu’elle aime.


    C’était déjà tard pour se confesser, mais il y’a une leçon à tirer de cette malheureuse histoire, (comme dans les films américains), d’abord en couple il faut tout dire, le pire avant le meilleur (je ne le fais pas moi!!!), ensuite il ne faut jamais se confier à un tas de papiers ( je le fais moi !!!), enfin le sexe c’est le maillon le plus fragile de la solide chaîne du mariage, le lit c’est la vie !!!


  • Alicia Keys

    Every little bit hurts, Unplugged
    podcast
    If I ain't got you, The Diary of Alicia Keys


    podcast

    If i was your woman, unplugged


    podcast



  • El carretero


    Sur le chemin de ma terre, un joyeux charretier passa, dans sa chanson bien sincère, une guajira bien gaie. "Je fais la navette pour décharger ma charrette, pour atteindre l’objectif de mon travail minutieux. A cheval nous allons vers le mont... je travaille sans relâche pour pouvoir me marier, ainsi je serai un paysan heureux. Je suis charretier et paysan, à la compagne tu vis bien, parce que le champ c’est l’Eden, le plus beau du monde entier. C
    ultives la plaine, récoltes le fruit de ta sueur…"

     

    Ay, por el camino del sitio mio un carretero alegre paso
    En su tonada que es muy sentida y muy guajira alegre canto.

    Me voy al transbordador a descargar la carreta
    Me voy al transbordador a descargar la carreta
    Para llegar a la meta de mi penosa labor.

    A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte
    A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte.

    Yo trabajo sin reposo para poderme casar
    Yo trabajo sin reposo para poderme casar
    Y si lo puedo lograr ser un guajiro dichoso.

    A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte
    A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte.

    Soy guajiro y carretero, en el campo vivo bien
    Soy guajiro y carretero, en el campo vivo bien
    Porque el campo es el eden mas lindo del mundo entero.

    A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte
    A caballo vamos pal monte, a caballo vamos pal monte.

    Chapea el monte, cultiva el llano, recoge el fruto de tu sudor
    Chapea el monte, cultiva el llano, recoge el fruto de tu sudor.

     

    Buena Vista Social Club El Carretero

     

     


    podcast

  • La Courbe de tes yeux

    La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
    Un rond de danse et de douceur,
    Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
    Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
    C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

    Feuilles de jour et mousse de rosée,
    Roseaux du vent, sourires parfumés,
    Ailes couvrant le monde de lumière,
    Bateaux chargés du ciel et de la mer,
    Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

    Parfums éclos d'une couvée d'aurores
    Qui gît toujours sur la paille des astres,
    Comme le jour dépend de l'innocence
    Le monde entier dépend de tes yeux purs
    Et tout mon sang coule dans leurs regards.

    Paul ELUARD, Capitale de la douleur (1926)

     


    A ses beaux yeux qui me caressent, où désir et douceur scintillent, où le temps jaloux se suicide, à ses regards qui font battre mon coeur à l'unisson de ses clins, à ses regards qui s'ils m'évitent ma vie s'éteint.