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  • L'attentat

    Je viens d'achever un Amélie Nothomb, L'attentat, et je me trouve perplexe, je me pose des questions du genre que je n'aime pas!!

    De quelle catégorie de personne suis je? suis je belle de l'intérieur? suis je belle de l'extérieur? puis je me contenter d'être belle d'un seul côté? si oui, lequel me sera plus cher? entre un Laid à l'âme pure et un beau dieu superficiel le quel sera l'élu de mon coeur? suis je dans les normes? dois je être dans les normes? quel sont ces normes? qui met les normes?

    Un livre gênant, étrange, Nothomb présente un romantisme "gotique" comme servir un kir au sang, la couleur est toujours pourpre mais le goût dépendra de celui qui en boit, je n'ai pas détesté son style, aussi extravagant que ses chapeaux noirs, j'ai admiré la maniére avec laquelle un écrivain de sexe féminin décrit les émotions et les fantasmes sexuels d'un personnage mâle et fictif, je doutais au début qu'Epiphane ne soit une femme, ensuite sa façon de considérer sa laideur m'en a dissuadé, ça ne peut être qu'un homme!

    Voici quelques extraits, un plaisir qui se répéte tout au long de ses 152 pages;

    "Ces instants de grâce furent foudroyants. Mis
    bout à bout, cela ne faisait jamais que quelques
    secondes, mais à mes yeux le navet entier s'en
    trouvait justifié. Cent soixante-cinq minutes
    creuses et moches pour dix secondes de splendeur,
    cela correspondait aux proportions de
    l'existence humaine : soixante-dix années de vie
    pour une semaine d'extase."


    "Quand on dit « Sibérie »,
    personne n'a envie de sourire : c'est un mot qui
    charrie la prison et la mort. Les gens normaux
    n'ont pas envie d'explorer la Sibérie : il faut être
    fou pour vouloir aller voir où coule le fleuve
    Amour.
    Et puis, n'est-il pas significatif que l'Amour
    soit un fleuve, et non une montagne, un marécage,
    une plaine ou un plateau ? Le fleuve n'est il
    pas, par excellence, ce qui coule, ce qui
    ne cesse de fluctuer ? L'amour n'est-il pas le
    sentiment le plus héraclitéen qui soit ? On
    ne se baigne jamais deux fois dans le même
    amour.
    Le fleuve, c'est ce qui relie la terre à la mer, le

    stable à l'instable, le connu à l'inconnu."

  • Le baiser

    klimt le baiser.jpg

     

    Un jour quelqu’un a dit, les souvenirs sont un moyen de s'accrocher au passé, certains sont ci douloureux qu'on voudrait les oublier, mais un souvenir peut aussi être un don, une chose qu'on peut visiter encore et encore dans le but de s'emplir d'un peu de bonheur, et parfois un moment devient un souvenir à l'instant où il se produit parce qu'il est tellement vrai, tellement pur et important qu'on veut s'en emparer pour toujours.


    Je me fais des souvenirs, je me nourrie de souvenirs, maintenant un souvenir m’effleure, une soirée au mois de mai il y a presque deux ans, lui, un homme charmant, très sûr de lui, inaccessible, un petit peu snob sur les bords, amateur de beauté, me conduit chez moi, il se gare, je me trouve incapable de quitter la voiture, mes jambes me lâchent, mon cœur palpite, soudain une immense fatigue m’envahit, je soupire, ma tête s’alourdie, je la pose sur son épaule, comme une colombe survolant le monde trouve enfin l’auditeur de sa lettre.


    Il s’est figé, j’entends une phrase, « j’ai quelque chose à te dire ! » J’écoute, puis rien!


    Une main chaude saisi mon menton, un bras entoure mon cou, des doigts empressent mes joues, mes doigts s'agrippent sur la main, mes lèvres se repulpent, un visage m’observe, un souffle m’embrase, une bouche me caresse, humide, tremblante, mon cœur bondit, elle s’approche de ma bouche rendu ronde par ses doigts forts et doux, j'haléte, mes yeux refusent d’y croire, mais ma peau se brûle sous la sienne, ses lèvres enlacent les miennes, il me goûte, m’absorbe, s’affole et les mots pénètrent en silence.


    Il n’a jamais dit cette chose qu’il voulait dire, mais j’ai compris.

    Inconsciemment j’étais consciente que ça ne s’arrêtera plus, mais j’ai approuvé le besoin le plus primaire qu’il en soit, celui de parler, consciemment, l’homme d’une autre femme vient juste de m’offrir le plus cher baiser que j’ai jamais eu, et avec un bouquet de mots fou et magiques, moi je disais des mots logiques.


    Je pense quand je le vois que Klimt nous a peint dans son Baiser, ou mon homme lui-même s’appelait Gustav dans une vie antérieure.